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budget de l'état

Mardi 22 février 2 22 /02 /Fév 20:43

Je l'ai montré dans un article récent : le poid des transferts sociaux n'a cessé de s'accroître depuis la guerre.

C'est la principale cause d'une augmentation continue du poids de l'état dans l'économie. De 1959 à 2009, il est passé de 36% du PIB à 56% du PIB :

Recettes-Depenses-2009

Jusqu'au début des années 80, la hausse des recettes arrive tant bien que mal à suivre la hausse des dépenses. Ensuite, ce n'est plus le cas, et le déficit se creuse de plus en plus :

solde-1959-2010

Chaque récession majeure provoque un nouveau record du déficit, mais aucune reprise ne permet jamais de revenir à l'équilibre. La conséquence, c'est une dette publique qui ne cesse de s'accroître :

Dettes-1978-2010

Deux choix sont possibles pour l'état:

  • Continuer d'augmenter les recettes pour suivre l'augmentation des dépenses. En d'autre terme augmenter massivement les impôts. Avec une pression fiscale qui serait largement au dessus de 50% du PIB, je pense qu'on pourrait alors parler d'une politique d'extrême gauche ...
  • Diminuer les dépenses pour les aligner sur les recettes. Cela provoquerait obligatoirement des "régressions sociales" d'une autre ampleur que la réforme des retraites de l'année dernière. Avec des dépenses qui représenteraient encore nettement plus de 40% du PIB, on peut parler de politique centriste, ou modérée.

Quelle voie l'état choisit-il ? Ni l'une, ni l'autre. En augmentant les recettes et en diminuant les dépenses, il est pour le moins populiste, sinon totalement irresponsable. Il est défendable que l'état soit en déficit un ou deux ans, pour amortir les effets d'une crise particulièrement douloureuse, mais un déficit qui court sur 30 ans, c'est simplement vivre à crédit sur le dos de la génération suivante.


Vous l'aurez remarqué, mon graphe de la dette ne commence quand 1978. Contrairement à d'autre pays, comme les USA, l’INSEE ne fournit pas de données avant cette date. La seule information que j'ai pu trouver sur ce sujet, c'est ce graphique tiré d'une étude de 1995 de l'OCDE :

  Masson-Et-Mussa-95

Il semblerait que la France ait vécu longtemps avec une dette très importante. Cependant cette dette parait assez stable sur de longues périodes, et augmente uniquement avec les guerres (1870, 1914, 1940). On peut penser que la pression fiscale était moins forte (les prestations sociales étaient à l’état embryonnaire), et que l'état pouvait donc plus facilement ajuster les impôts pour ne pas se retrouver en déficit chronique. Mais ce n'est qu'une hypothèse.


Le dernier point que je voudrais aborder, c'est celui de la dette cachée. Il n'y a pas si longtemps, l'Espagne et le Royaume-Unis était cité en exemple pour leurs faibles dettes publiques, et leurs excédents budgétaires. C'était ignorer l'importance de la dette privée :

dette-menagesdette-entreprises.PNG

Lorsqu’un ménage ou une entreprise s'endette, elle crée de la monnaie temporaire. Cette dernière se retrouve d'ailleurs dans le fameux agrégat M3, que la Fed cessa de publier à peine quelques années avant le début de la crise ... Une importante partie de cette création monétaire va se retrouver dans les caisses de l'état, par le jeu des impôts et des taxes. Les recettes publiques sont alors artificiellement élevées. Quand la crise éclate, le crédit se contracte, et ces recettes disparaissent. La masse monétaire diminue, et l'état doit dépenser moins pour rester à l'équilibre : on risque alors d’entrer dans le cercle vicieux de la déflation.


Deux solutions s'offrent à l’état pour affronter ce type crise :

  • accompagner la déflation : on aligne les dépenses sur les recettes. La conséquence est un rapide appauvrissement du pays, mais l'espoir est que la crise sera rapide, et qu'on pourra alors repartir sur des bases solides. C'est la voie qu'est en train d'essayer de suivre le Royaume-Unis.
  • lutter contre la déflation : l'état maintient, voir amplifie ses dépenses pour maintenir coute que coute la masse monétaire. La conséquence est une explosion de l'endettement, mais en théorie une moindre souffrance sociale. C'est la voie des USA durant cette crise, et celle du Japon depuis 20 ans.

Aucune des deux solutions n'est vraiment très agréable à envisager, le mieux est de prévenir la crise en amont en empêchant les acteurs privés de trop s'endetter.


Est-ce l'intention de notre gouvernement ? La réponse dans ce graphe :

 dette-menages-france

Depuis 2002, la croissance de la dette des ménages n'a jamais été aussi rapide. Tout est fait pour inciter les français à s'endetter : prêts à taux zéro, déduction d'intérêts d'emprunts, Robien, Scelliez, pressions sur les banques ...


Je m'interroge sur les raisons de cette terrible erreur de jugement : personne au gouvernement n'a-t-il eu l'idée de chercher à comprendre les causes de la dernière crise, au-delà des incantations contre les affreux spéculateurs ?

 

Par Fabien Pot - Publié dans : budget de l'état
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Dimanche 20 février 7 20 /02 /Fév 22:18

Le déficit de l'état en 2010 bat le record de l'année 2009 (138 milliards d'euros) :

Deficit-2010.PNG

 

Le problème n'est pas a cherché du côté des recettes, qui se redressent à 274 milliard d'euros (+38 milliards d'euros / 2009), mais du côté des dépenses, qui explosent à 425 milliards d'euros (+58 milliards d'euros / 2009) :

Recettes-Depenses-etat-2010.PNG

 

 

La charge de la dette reste modérée pour l'instant, à 40,5 milliards d'euros :

charge-dette-2010.PNG

Il faut y voir l'effet de la baisse des taux d'intérêt, jusqu'en septembre. Ils ont depuis retrouvé leur niveau de début 2010.

 

L'explication de l'explosion des dépenses repose sur le grand emprunt d'avenir , pour un coût de 32 milliards d'euros, et sur un prélevement trop tardif de la compensation relais à la taxe professionnelle : l'état a decaissé 32 milliards pour les collectivités, mais n'en a encaissé que 18 milliards en retour. Les comptes speciaux notent d'ailleurs que les collectivités doivent 10 milliards d'euros à l'état.

 

Le simple non renouvellement du grand emprunt, et la régularisation de la situation de la CET devrait permettre à l'état d'économiser une 50aine de milliards d'euros. Cela représente 2,5% du PIB, ce qui, sauf évenement inattendu, devrait largement suffire pour atteindre l'objectif d'un déficit inférieur à 6% du PIB pour les administrations publiques (versus 7.7% cette année). L'objectif suivant, 4,6% du PIB en 2012, et surtout celui de 2013 (3% du PIB), semblent nettement plus ardus à réaliser: il faudra passer obligatoirement par des coupes budgétaires et des hausses d'impôts pour y parvenir. Bien compliqué en pleine campagne présidentielle ...

Par Fabien Pot - Publié dans : budget de l'état
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Dimanche 19 décembre 7 19 /12 /Déc 14:44

Le déficit de l'état atteint un nouveau record en octobre, à 153 milliards d'euros fin octobre :

solde-oct10.PNG

 

Alors que les recettes de l'état se redressent (274 milliards d'euros sur un an glissant), les dépenses continuent d'accélerer (428 milliards d'euros) :

recettes-depenses-oct10.PNG

 

L'aggravation du déficit en 2010 à deux causes principales :

  • le grand emprunt de Nicolas Sarkozy, pour 26 milliards d'euros à fin octobre.
  • la compensation relais à la suppression de la taxe professionnelle, pour 26,5 milliards d'euros à fin octobre.

Si le premier de ces deux éléments est bien connus de tous, et a été largement débattu, le second est beaucoup moins clair. En effet, la suppression de la taxe professionnelle, décidé en 2009, devait s'accompagner d'une taxe nouvelle, la C.E.T., sensée compenser à peu près la perte de recettes pour les collectivités territoriales.

 

Il n'est cependant fait nul part référence à cette taxe dans les rapports des recettes budgétaires de l'état en 2010, alors que la compensation donnée aux collectivités apparait clairement dans les comptes. Il semblerait donc qu'on parle bien d'une année blanche en terme de taxe professionnelle pour les entreprises, avec une CET qui arriverait dans les caisses des collectivités à partir de janvier 2011.

 

Si c'est bien le cas, c'est un cadeau de la taille du grand emprunt qui a été fait aux entreprises en 2010, dans la plus grande discrétion.

 

Mise à jour : Finalement, pas de cadeau fiscal, mais un gros retard d'encaissement...

 

jboss : La CET a été payée au 15 décembre. Il semble que l'administration ait mis beaucoup de temps pour mettre au point le calcul et les imprimés. Pour ma société c'est au même niveau que la TP l'an dernier.

Par Fabien Pot - Publié dans : budget de l'état
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Dimanche 21 novembre 7 21 /11 /Nov 11:34

Le budget de l'état s'enfonce encore en septembre, avec un déficit de 141 milliards d'euros sur un an :

solde-sept10.PNG

 

Ce n'est pas dû aux recettes, qui s'améliorent nettement à 272 milliards d'euros (1 an glissant), mais bien aux dépenses, qui explosent litérallement depuis quelques mois, à 413 milliards d'euros :

recettes-depenses-interets-septembre10.PNG

Par Fabien Pot - Publié dans : budget de l'état
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Jeudi 28 octobre 4 28 /10 /Oct 22:13

Les comptes de l'état ne présentent aucune amélioration en 2010 par rapport à 2009, mais au contraire une détérioration, comme cela était prévu par le gouvernement lui même.

 

En août, le déficit cumulé sur un an est donc de 134 milliards d'euros (hors comptes spéciaux) :

solde-aout10.PNG

 

Cela est dû a une explosion des dépenses (grand emprunt oblige), alors que les recettes se redressent lentement :

recettes-depenses-aout10.PNG

 

La charge de la dette progresse, mais pour l'instant c'est encore "modéré" (40 milliards d'euros) :

chargeInteret-aoutl10.PNG

 

Enfin ce graphique nous rappelle que, hors charge de la dette, l'état dépensait à peu près ce qu'il récoltait avant la crise. Ce n'est plus du tout le cas :

recettes-depenses-interets-aout10.PNG

Quant à la Sécurité Sociale, elle devrait afficher un déficit de 23,2 milliards d'euros cette année, et encore 21,4 milliards d'euros l'année prochaine. On n'était encore qu'à 9.5 milliards en 2007, ce qui paraissait déjà enorme.

 

Plus que jamais, la France vit à crédit. La relativement bonne année 2010 que nous vivons en ce moment n'est dû qu'a l'afflux massif de cash apporté dans le système par le gouvernement . Les années 2011 et 2012 seront donc forcement douloureuses, car il faudra bien commencer à couper les vannes.

Par Fabien Pot - Publié dans : budget de l'état
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