Quantcast

crédits-dettes

Mercredi 4 avril 3 04 /04 /Avr 21:18

A 134 milliards d'euros sur un an, le crédit à l'habitat retrouve son niveau de septembre 2010 :

creditHabitat-production-fev12.PNG

 

L'un des derniers commentaires qu'on m'a laissé sur ce blog, avant que je disparaisse pour quelques temps sous une montagne de couches, me demandait quel impact avait le crédit immobilier - sous-entendu sur le marché immobilier je suppose.

 

Je vous propose donc une formule d'une grande complexité :

 

 ProductionCreditHabitatTotal + ApportCashTotal = volume * prix

 

L'apport dans une transaction immobilière est inférieur à 50%, donc une baisse de la production de crédit à forcement un impact important sur le couple [volume, prix].

 

Mais dans quelles proportions ?

 

Sur la période récente, nous avons eu l'occasion d'observer une telle baisse de la production de crédit. Voici ce que cela donne sur le volume :

CreditVsVolume.PNG

Et sur les prix :

CreditVsPrix.PNG

 

Sur la période 2002-2006, la montée de la production de crédit n'a aucun impact sur les volumes dans l'ancien (en fait, il a un impact sur le volume dans le neuf avec un record de construction en 2006-2007). C'est surtout le prix qui explose dans ces années là.

 

Ensuite, à partir de 2006, la production de crédit diminue. Paradoxalement, dans un premier temps les prix continuent de monter .... L'ajustement se fait donc sur le volume. Il faut attendre 2 ans, et l'année 2008, pour que les prix commencent à leur tour à s'ajuster.

 

Avec la reprise du crédit à partir de l'automne 2009, le prix et le volume se reprennent immédiatement.

 

On touche là à une caractéristique fondamentale du marché immobilier, le manque d'élasticité des prix, en particulier à la baisse. Alors qu'une action en bourse peut perdre 10% de sa valeur en une journée, il faut des années pour que le prix d'un bien immobilier s'ajuste à la baisse.

 

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène. Par exemple :

  • une transaction immobilière prend plusieurs mois entre la décision de vendre et la vente effective, contre une minute pour une action.
  • il est très difficile pour un propriétaire d'une résidence principale de réevaluer son bien immobilier à la baisse, à cause du lien affectif qui le lie à elle
  • En cas de baisse, ou même de stagnation du marché (en tenant compte des frais de notaires), le propriétaire peut se retrouver à réaliser une perte très importante, dûe à l'effet de levier du crédit. La tentation du "pas vendu-pas perdu" est alors forte, bien qu'illogique

En conséquence, il faudrait que la baisse de la production de crédit à l'habitat soit durable pour qu'on puisse esperer (ou craindre, selon le point-de-vue) une baisse des prix.

 

A suivre ...

Par Fabien Pot - Publié dans : crédits-dettes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 3 août 3 03 /08 /Août 22:24

La production de crédits à l'habitat diminue pour la première fois depuis août 2009, à 175 milliards d'euros en glissement annuel) :

creditHabitat-production-juin11.PNG

 

Du coup, la vitesse de progression de l'encours du crédit à l'habitat ralentit également un petit peu (70 milliards d'euros en glissement annuel, contre 72 milliards en mai) : creditHabitat-encours-juin11.PNG

 

Bien sûr un mois ne fait pas une tendance, mais s'y on ajoute le retournement de conjoncture actuel (aggravation de la crise de la dette en Europe, aggravation de la situation économique aux US, hausse du chômage en France), on peut emettre l'hypothèse que le marché immobilier a mangé son pain blanc.

Par Fabien Pot - Publié dans : crédits-dettes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 3 juin 5 03 /06 /Juin 22:17

L'encours du crédit à l'habitat continue de flamber en avril, à 815 milliards d'euros :

creditHabitat-encours2-avr11.PNG

Il a plus que doublé en 5 ans !

 

C'est plus de 68 milliards de crédit supplémentaire en un an, un rythme de croissance plus vu depuis le début de l'année 2008 :creditHabitat-encours-avr11.PNG

 

La production de crédit, elle, bat son record absolu, à 174 milliards d'euros sur un an :

creditHabitat-production-avr11.PNG

Ni la hausse des prix, ni la remontée des taux ne semble pouvoir freiner la frénésie d'achats immobiliers. Que l'on considère que le marché est dans une bulle, ou que l'on pense qu'il réagit à des fondamentaux (pénurie de biens ?), on ne peut que s'inquiéter d'une telle progression de l'endettement des ménages.

 

Le crédit aux entreprises se comporte avec plus de modération depuis la crise :

creditEntreprise-encours-avr11.PNG

creditEntreprise-production-avr11.PNG

Par Fabien Pot - Publié dans : crédits-dettes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 3 février 4 03 /02 /Fév 21:05

L'année 2010 se finit sur des chapeaux de roues pour le crédit à l'habitat.

 

L'encours de ce type de crédits augmente de 14,4 milliards d'euros pour le seul mois de décembre, et tutoie désormais les 800 milliards d'euros (798,1) :

encours-habitat-histo-dec2010.PNG

encours-habitat2-dec2010.PNG

 

De son côté, la production de crédits nouveaux atteint un record absolu, à 157,8 milliards d'euros sur un an. Le précédent record datait de novembre 2006 (156,6 milliards d'euros) :

production-habitat-dec2010.PNG

 

Comment expliquer un tel phénomène, alors que le chômage continue d'augmenter ? Il faut probablement y voir un effet d'aubaine, comme cela avait été le cas avec la hausse des immatriculations.

 

Le Scellier 2010 était extraordinairement avantageux, puisque l'état vous offrait 25% du prix de votre bien neuf (en réduction d'impôt). En 2011, cet avantage diminue, il est donc probable que cela ait conduit un certain nombre de particuliers fortunés à signer un achat avant le 1 janvier.

 

L'avantage Scellier reste malgré tout significatif (22% dans le neuf BBC), mais son coût pour la collectivité le condamne probablement à terme : 50% des transactions dans le neuf en 2009 pour un coût de 3 milliards d'euros (donc au moins 27 milliards d'euros sur 9 ans si je compte bien). Il est donc possible qu'il soutienne encore le marché cette année, dans une moindre mesure, mais qu'il provoque un effondrement dans le neuf en 2012 par retour de baton (ce qui va arriver cette année dans l'automobile, à mon avis).

 

D'autre part, les taux d'emprunt n'ont cessé de baisser tout au long de l'année pour atteindre un plus bas à 3.41% en décembre (d'après la Banque de France). Cependant, l'obligation à 10 ans du trésor remonte fortement, après avoir atteint un plus bas en septembre. La relation entre l'OAT TEC et les taux de crédits à l'habitat est très forte, on peut donc s'attendre à une remontée prochaine de ces derniers :

oat10-habitat-dec2010.PNG

C'est ce qu'annonce entre autres le courtier empruntis.

 

On le voit, les facteurs de soutien à la reprise des transactions (et donc des prix) devraient s'estomper progressivement en 2011, puis en 2012, même sans nouveau choc majeur sur les marchés. Les prix pourraient donc former une figure que les analystes chartistes en bourse appellent un "double-top".

Par Fabien Pot - Publié dans : crédits-dettes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 19 décembre 7 19 /12 /Déc 12:05

Ces derniers mois, on entend parler d'un concept nouveau, les Eurobond.

 

L'idée serait d'émettre la dette souveraine non plus au niveau des états, mais de l'Europe. Cette dette bénéficierait de la garantie de tous les membres, et aurait donc le taux le plus interessant possible. C'est une idée absurde bien sûr, puisque cela reviendrait à faire porter aux allemands le poids des dettes émises par les autres états européens, sur lesquelles ils n'ont pourtant aucun contrôle.

 

Si les allemands acceptent une telle idée, c'est soit qu'ils sont d'une générosité suicidaire, soit qu'ils vont demander des garanties tellement énormes que cela reviendrait pour les états en questions à abandonner leur souveraineté. C'est d'ailleurs déjà un peu le cas avec les mesures d'austérité imposées à la Grêce et à l'Irelande. Les peuples ne sont pas dupe.

 

La où je veux en venir, c'est qu'il y eut un temps, entre la naissance de l'Euro et la chute de Lehman Brother, où les marchés ont cru dur comme fer aux Eurobond. J'en veux pour preuve ce graphe :

Piigs-Nov10.PNG

De janvier 2001 à juillet 2008 une obligation d'état allemande valait exactement la même chose qu'une obligation grecque ou italienne. Le reveil est douloureux : jamais l'euro n'a été la promesse qu'un état de la zone ne pouvait pas faire défaut.

 

La bonne nouvelle, c'est que malgré cette prise de conscience, la France continue d'être presque aussi crédible que l'Allemagne (à 0,5% près):

France-Nov10.PNG

 

Il serait vraiment dommage de gâcher cette confiance,qui nous permet d'économiser des milliards d'euros d'intérêt chaque mois. J'ose espérer que le gouvernement saura imposer la rigueur à laquelle il s'est engagé.

Par Fabien Pot - Publié dans : crédits-dettes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés