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bilan mensuel

Vendredi 26 mars 5 26 /03 /Mars 12:13
Après, avoir connu la plus profonde récession de son histoire, la France a retrouvé le chemin d'une croissance modeste depuis le deuxième trimestre 2009.

La production industrielle se redresse lentement depuis avril.  Le commerce extérieur se reprend également depuis avril, après une chute sans précédent des échanges. De même, le PIB a augmenté aux deuxième, troisième et quatrième trimestres 2009. Cependant, aucun de ces indicateurs n'a retrouvé pour l'instant son niveau d'avant crise.

La petite passe déflationniste qu'on a connue pendant la récession est elle aussi terminée, avec une petite remontée des prix à partir de janvier 2009.

La progression du chômage, très violente au plus fort de la crise, ralentit au fur et à mesure que les mois passent. Elle est presque stoppée en février.

Enfin, si la production de crédits aux entreprises reste peu élevée, les particuliers semblent avoir retrouver le chemin de la banque depuis l'été. Les prix de l'immobilier s'en ressentent, et repartent à la hausse dans la deuxième moitié de l'année.

Peut-on pour autant renvoyer la crise de 2008-2009 à l'histoire ?

Ce n'est pas mon avis. La crise a été stoppée "artificiellement" par une injection massive d'argent par les états. Loin de se résorber, le déficit de l'état français augmente encore en ce début d'année. Je ne pense pas que cette situation soit tenable encore très longtemps, comme le montre les tensions sur les dettes souveraines grecques et portugaises. Il faudra bien résorber le déficit et payer la dette tôt ou tard, et il n'y a pas de moyen indolore de le faire ...

D'autre part, une grande partie de la hausse du PIB est dû à un effet de balancier, avec une reconstitution des stocks qui a suivie le mouvement massif de déstockage au coeur de la crise. Une fois cet effet passé, et en l'absence de reprise de l'investissement, il y a peu de facteurs de soutien pour la croissance.

Enfin, le secteur de la construction, grand pourvoyeur d'emplois, reste sinistré.

C'est pourquoi je privilégie un scénario de récession en W, avec une rechute en fin d'année ou début 2011 au plus tard.
Par Fabien Pot - Publié dans : bilan mensuel
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Samedi 31 octobre 6 31 /10 /Oct 18:59
Le PIB est reparti à la hausse au deuxième trimestre, mettant fin à la récession officielle.

Cependant, l'exemple des deux crises précédentes incite à la prudence :


La récession de fin 90-début 91 est suvie deux ans plus tard par la récession de 1993. La récession de fin 2001-début 2002 est suivie par une nouvelle récession mi 2003, 18 mois plus tard. Ce sont des récessions dites "en W". Le scénario que je privilégie cette fois ci est le même, avec une petite reprise en 2010, et une rechute en 2011 lorsque l'état français aura épuisé ses cartouches et sera obligé de réduire les déficits.
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La composante investissement du PIB est la plus intéressante :


L'investissement, c'est la confiance en l'avenir. Son retournement est continue pendant toute la période 91-93, et réunit en une seule les deux récessions vu sur le graphique du PIB. Il en va de même pour la récession de 2001-2003. On voit également que la période 93-97 de relative stagnation économique correspond à une stagnation de l'investissement.

Au deuxième trimestre 2009, l'investissement continue de chuter, à un rythme moins rapide. Cela renforce ma conviction que la reprise du T2 2009 est temporaire. La vraie reprise n'interviendra que lorsque l'investissement repartira à la hausse.
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L'indice de la production industrielle apporte un complément d'information intéressant :


La fin de la chute de la production industrielle est intervenue en toute fin de récession lors des deux épisodes précédents. Si le même schéma s'applique ici, la crise est terminée depuis avril !

Je pense cependant que le scénario est un peu différent cette fois-ci. La chute de la production a été tellement rapide et violente que le rebond était quasiment acquis, dès lors que les états ont dégagé les moyens de maintenir la consommation à un niveau proche de son plus haut.
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La période précédent la crise avait été marquée par une explosion des échanges extérieurs. Si la chute des importations et des exportations semble enrayée, elles stagnent depuis quelques mois à un niveau "pré-bulle" :



Il est possible qu'il s'agisse d'une évolution de long terme. L'Occident qui s'endette toujours plus pour acheter en Chine toujours plus de produits, c'est peut être du passé. Il faudra surveiller les évolutions des monnaies. Si la Chine décide de lâcher le dollar, alors ce sera effectivement la fin d'un certain mode de fonctionnement du monde.
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L'immobilier est particulièrement touché par la fin de la bulle du crédit. Pour l'instant, le marché est en baisse (mises en chantier, nombre de transactions, prix) :


Seul point positif, la chute de la production de nouveaux crédits immobilier est peut-être en train de s'arrêter en septembre.

Je ne pense pas que la bulle du crédit pourra repartir cette fois-ci. Si j'ai raison, les prix devraient corriger d'au minimum 40% en euros constants (soit la majeure partie de l'augmentation des dernières années, achetée à coût de dettes).
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Comment parler de bilan, sans parler de dettes ? En effet, c'est le coeur de la crise.


Alors que l'augmentation de la dette des entreprises était le moteur de la croissance des années 98-2000 (en rouge), celle des ménages (en bleu) le moteur de la croissance des années 2004-2007, les administrations publiques ont pris le relais en 2009.

C'est grâce à un déficit abyssal du budget de l'état que l'économie a pu repartir au deuxième trimestre :


Cette situation est intenable sur le long terme, car la dette atteint des niveaux insoutenables :


Deux scénarios possibles (parmi d'autres) :
- un budget de rigueur dès 2011, avec un retour de la récession, et une sortie de crise définitive vers 2012-2013
- pas de rigueur, une rapide dégringolade des comptes publiques pour arriver à la situation du Japon. Risque de faillite de l'état à l'horizon 2013-2014, avec une "vraie" crise de 29 à la clé (l'exemple récent de l'Argentine montre que c'est tout à fait possible)

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Pour finir ce tour d'horizon, il nous reste à parler du chômage :


Le chômage est un indicateur "en retard". Il continue d'augmenter bien après la fin de la récession. On devrait donc connaître encore au minimum quelques trimestres d'augmentation.
Par Fabien Pot - Publié dans : bilan mensuel
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Vendredi 31 juillet 5 31 /07 /Juil 14:19
Le mois de juillet a apporté la confirmation de ce qu'on pressentait déjà au mois de juin : la récession a sérieusement ralenti au T2 2009.

L'indice des commandes à l'industrie, ainsi que celui de la production industrielle, s'inscrivent en léger rébond en mai après la chute vertigineuse des trimestres précédents. Le commerce extérieur se redresse un peu en mai : en particulier, les exportations rebondissent, ce qui contribue à alléger le déficit commercial.

La consommation accompagne le mouvement : les ventes de détail se redressent en avril, et les immatriculations de voitures continuent de bien se porter en juin. Le repli de la consommation en France sera finalement resté limité pendant cette récession.

Malgré tout, si le PIB s'inscrit au baisse au T2 2009, ce sera probablement le fait du désinvestissement des ménages (surtout logement, avec une chute des permis de construire) et des entreprises. Les données ne sont pas encore disponibles pour le T2 2009, mais on voit dès le T1 une tendance nette au ralentissement de la progession de la dette de ces deux acteurs économiques. Mon pronostic est qu'on verra dès le T2 2009 les entreprises et ménages commencer à se désendetter.

Au contraire, l'état continue sa politique de fuite en avant de la dette, avec un entrain à la limite du suicidaire. Les marchés de taux n'apprécient pas, et maintiennent un spread de crédit élevé avec l'Allemagne, plus raisonnable.

Enfin, le chômage continue de progresser, mais moins vite qu'au T1 (+ 135 000, contre +245 000, selon les chiffres de pôle-emploi).

Le mois de juillet, c'est aussi le début du T3. Les premiers indicateurs avancés pointent dans le même sens que pour le T2 : ralentissement de la récession, mais récession toujours.

Qu'attendre de la suite ?

Mon opinion est que la récession, au sens chute du PIB, est effectivement en train de se terminer, et sera derrière nous au T1 2010, sauf accident majeur. Mais l'effet depressif du nécessaire désendettement des entreprises et des ménages continuera à peser pendant plusieurs années sur la conjoncture, un peu comme au début des années 90, avec, peut-être, une deuxième récession d'ici 2 ou 3 ans (je privilégie le scénario en W).

A noter que le blog tropicalbear a publié un très bon point sur l'économie américaine en juillet 2009, même si je ne suis pas forcement aussi pessimiste que lui sur les prochains trimestres.
Par eco-france - Publié dans : bilan mensuel
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Mercredi 1 juillet 3 01 /07 /Juil 19:37
Le premier enseignement de ce mois de juin, c'est la confirmation de la violence de la récession au premier trimestre.

Le PIB a très fortement chuté (-1,2%), le chomâge a augmenté comme jamais auparavant (+310 000),  les commandes et la production industrielles sont revenues des années en arrière. Le transport de marchandises est descendu à son plus bas niveau, les ventes de détails ont reculées. La chute de la construction neuve s'est amplifiée, tandis que les prix de l'immobilier ancien diminuaient dans un contexte de baisse des transactions.

Les économistes attendent une amélioration progressive de la situation au cours de l'année, c'est ce que semble prédire certains indicateurs avancés (ZEW et confiance des ménages par exemple), auquels il faut cependant accorder une confiance relative. Il y a eu des erreurs par le passé ...

Si une modération de la récession est anticipée dès le second trimestre (par exemple, l'Insee voit -0.6% au Q2), elle doit encore se traduire dans les chiffres. La modération de la chute des commandes en avril reste à confirmer, tandis que la production industrielle en avril, et les permis de construire en mai continuent de reculer significativement. Le commerce exterieur se contracte à nouveau en avril, avec une légère amélioration du déficit commercial.

Dans ce contexte très morose, les ventes de voitures neuves offrent une résistance assez incroyable, comme cette news vient le confirmer encore aujourd'hui. Il semblerait que la combinaison des bonus ecologiques, primes à la casse, et autres ristournes des constructeurs, aient permis d'éviter le pire ... En France uniquement !

A plus long terme, les prévisions de croissance sont plus optimistes, mais restent bien faibles : +0,2% en 2010 pour l'OCDE, qui à la même époque l'année dernière prévoyait +1,4% pour 2009 pour la zone euro (-4,8% aujourd'hui).  Il faut donc relativiser la portée de tels chiffres. Autre exemple, en décembre 2008, l'Insee prévoyait -0.8% au Q1 (-1.2% maintenant), -0.4% au Q2 (-0.6% maintenant), et +0.1% au Q3 (-0.2% maintenant). Que peuvent valoir les prévisions à 1 an ?

Deux sujets ont particulièrement marqué le mois de juin du point de vue économique :
  • En mai, la France est en déflation pour la première fois depuis 1957. Cette nouvelle est cependant à tempérer car les prix augmentent à nouveau depuis janvier.
  • La dette et le déficit de l'état sont devenus un sujet d'inquétude grandissant. Si Nicolas Sarkozy veut combattre la dette par la dette (!) en lançant un grand emprunt, François Fillon bôte discrètement en touche en le repoussant à 2010, autant dire aux calendes grecques dans un contexte économique qui évolue rapidement.

A titre personnel maintenant, je m'attend à une poursuite de la crise dans le secteur immobilier, et ce pour plusieurs années encore. Pour le reste, je suis reservé quant à l'amélioration de la situation qui serait perçue au second trimestre, car je ne vois pas vraiment de chiffres qui la confirment pour l'instant.

Voyez-vous d'autres sujets ? Comment la situation va-t-elle évoluer dans les mois qui viennent d'après vous?

Par eco-france - Publié dans : bilan mensuel
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