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Samedi 4 décembre 6 04 /12 /Déc 14:33

Ce n'est plus un secret pour personne: la bulle immobilière est repartie de plus belle en France.

 

L'indice des prix de l'immobilier ancien progresse à nouveau à grande vitesse (+8,6% sur un an, à 207,6 points), et le nombre de transactions se redresse également (+25,7% sur un an, à 714 000 unités) :

InseeT3-2010.PNG

 

La construction, quant à elle, semble stagner autour de 330 000 logements nouveaux par an :

logement-oct10.PNG

Si cela peut paraître peu en regard des années folles 2006-2007, alors qu'on dépassait les 500 000 logements annuels, ce n'est pas si ridicule dès lors que l'on compare ce chiffre avec l'accroissement de la population : selon l'Insee, l'accroissement du nombre de ménages serait de l'ordre de 236 000 à 261 000 par an.

 

La question de la pénurie mérite quand même d'être posée, et Vincent Benard a d'ailleurs fait une conférence très interessante sur ce sujet (ici). Son argumentaire est bon, mais l'excés de réglementation n'est pas suffisant pour permettre à une bulle de perdurer indéfininement. Le moteur principal est l'apport d'argent frais, sous la forme de crédits.

 

Sur ce point les français font très fort, avec une croissance de l'endettement toujours plus soutenue. Les traditionnelles garde-fous ayant sauté (un apport de 25% de la transaction en cash était autrefois nécessaire pour obtenir un prêt), et les taux étant au plancher en cette période quasi déflationniste, les vannes du crédits sont grandes ouvertes :

prod-oct10.PNG

encours-oct10

Le taux de croissance de l'encours du crédit à l'habitat est de 6.8% sur un an en France, contre 3.4% en moyenne dans l'ensemble de la zone Euro.

 

Selon The Economist, les prix sont désormais surévalués de 39.4% en France. Seuls l'Espagne, Hong-Kong et l'Australie font pire.

 

Sur ce graphique de Jacques Friggit, on voit que la bulle immobilière des USA, qui a mis à terre l'économie mondiale en 2008-2009, n'est finalement guère impressionante par rapport à la bulle française :

friggit.PNG

 

Comment tout cela finit-il ? Mal évidemment. L'accumulation de dettes n'est jamais une bonne chose, comme l'actualité nous le rappelle tous les jours.

 

La hausse des prix aura profité temporairement à l'état, qui touche un % sur chaque transaction, et à certaines catégories de populations les plus aisés et les plus agés, qui auront pu vendre des biens au prix au fort. Mais l'économie en général aura souffert, car l'investissement dans la pierre est stérile, et génère de la mauvaise dette.

 

Quand cela finit-il ? Bientôt surement. Beaucoup (dont moi) pensaient que la crise financière marquerait la fin de l'ère de la dette. Mais les états ont mis en oeuvre tous leurs moyens, terrorisés par la perspective d'une grande vague de faillites bancaires. Aujourd'hui, il n'est plus question de laisser filer les déficits, et les peuples ne sont plus près à payer pour sauver les banques et leur débiteurs (cf Islande, Irelande, Grêce).

 

La faillite possible, ou plus probablement la restructuration des dettes de nombreux pays developpés pourrait intervenir à horizon 2011 - 2012.  La fin de l'ère de la dette, et de son enfant la bulle immobilière, paraitra alors inévitable.

Par Fabien Pot - Publié dans : immobilier
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Mercredi 26 mai 3 26 /05 /Mai 20:41

Depuis deux mois, les mises en chantier rebondissent.

 

C'est le cas pour les logements (337 000 logements commencés sur un an, + 13 500 par rapport à février) :

logements-avr10.PNG

 

 

C'est également vrai pour les locaux commerciaux (3,8 million de m², +151 000 m² depuis février) et les les bureaux (3,2 millions de m², + 78 000 m² par rapport à février) :

commerces-avr10.PNG

bureaux-avr10.PNG

 

En revanche, la construction de surfaces à usage industriel continue son plongeon (4.2 milliond de m2 sur un an) :

industries-avr10.PNG

 

La construction était l'un des derniers secteurs à ne pas encore avoir toucher le fond. Si le rebond se confirme, on pourra donc tirer un trait définitf sur la première phase de la crise. Cependant, les coupes budgétaires vont certainement impacter le secteur, très dépendant de l'aide publique, et ce dès 2011. Il est donc probable que la déprime continue un moment.

Par Fabien Pot - Publié dans : immobilier
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Mardi 27 avril 2 27 /04 /Avr 21:44

La conjoncture semble se stabiliser dans le domaine de la construction. "Semble", car un mois ne fait pas une tendance.

 

331 000 logements ont été mis en chantier en mars (en glissement annuel). Ce chiffre est plus ou moins stable depuis le mois septembre :

logements-mar10.PNG

 

La baisse tendancielle des mises en chantier dans le commerce et les bureaux est stoppé ce mois-ci, mais il faut regarder à la loupe pour le distinguer sur le graphique :

bureaux-mar10.PNG

commerces-mar10.PNG

 

Enfin, le plongeon continue dans le secteur industriel :

industries-mar10.PNG

Par Fabien Pot - Publié dans : immobilier
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Jeudi 25 février 4 25 /02 /Fév 21:35
L'Insee confirme la hausse des prix dans l'immobilier ancien en fin d'année. Sur un an la baisse est encore de 4,4%, mais la tendance s'est inversée depuis l'été :

inseeNotaireDec09.PNG
D'autre part, le nombre de transactions augmente pour la première fois depuis la mi-2007 en glissement annuel, même si le chiffre est encore très bas (575 000 transactions environ en 2009, contre plus de 800 000 en 2006).

Inutile de se voiler la face : à ma grande surprise (et à celle de pas mal d'autres), les prix de l'immobilier sont repartis à la hausse, après une correction modeste. C'est d'autant plus frappant que la courbe des prix aux Etats-Unis suit la même tendance.

Quelques raisons qui peuvent expliquer ce phénomène :
  • la baisse des taux : ils sont passés de 5,19% en decembre 2008, à 3,91% en décembre 2009 en moyenne pour un crédit à taux fixe (source: Banque de France). Pour une mensualité de 1500 euros sur 20 ans, la capacité d'emprunt est donc passée en 12 mois de 225 000 euros à 250 000 euros (+11%).
  • la multiplication des aides d'état : loi Scellier (2009), déduction des intérêts d'emprunt (2007), doublement du prêt à taux 0 (2009), rachat de 30 000 logements neufs (2009)... Tous ces dispositifs, qui coûtent extrèmement cher à l'état, permettent de soutenir les prix.
  • la relative confiance des français : La confiance des français dans l'avenir économique du pays s'est améliorée de manière continue depuis l'automne 2008. Il est évident que cela compte dans un acte d'achat qui engage sur 15 ans ou plus.

Cependant, je pense que la hausse ne peut pas se poursuivre beaucoup plus longtemps car :
  • la baisse des taux est terminée : les taux ne pourront pas aller beaucoup plus bas. En effet, il faudrait pour cela que la BCE baisse son taux directeur sous les 1%, ce qui est très improbable. Soit la situation économique s'améliore, et dans ce cas les taux remonteront, ce qui aura un effet négatif sur la capacité d'emprunt, et donc sur les prix, soit l'économie ne va pas mieux et les taux restent bas, mais cela aura un effet négatif sur le niveau de l'emploi et le moral des français, ce qui devrait jouer négativement sur les prix également.
  • les aides d'états devraient diminuer : face à des déficits insoutenables, le gouvernement devra tailler dans les dépenses. Déjà plusieurs députés s'élèvent contre le coût exorbitant des dispositifs de défiscalisation. Au mieux, ces derniers seront maintenus, mais plus probablement, ils seront réduits.
  • le sentiment économique repart à la baisse : Au mois de février, la confiance des ménages dans la situation économique diminue nettement. En l'absence d'une reprise forte qui me parait plus qu'improbable, les français devraient rester méfiants et attentistes

Pour conclure, je pense que la situation actuelle du monde occidental ressemble beaucoup à celle du Japon des années 90. Les prix de l'immobilier ont baissé là-bas pendant 17 ans ! Seul un retour de l'inflation, à un horizon inconnu, pourrait inverser la tendance de fond.
Par Fabien Pot - Publié dans : immobilier
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Jeudi 26 novembre 4 26 /11 /Nov 20:36
L'indice Insee-Notaire a progressé de 0,3% au troisième trimestre, par rapport au trimestre précedent (données corrigées des variations saisonnières). C'est la première hausse après 5 trimestres consécutifs de baisse des prix :


De leurs côté, les mises en chantier de logements ont rebondi au mois d'octobre : 41 456 mises en chantier en octobre 2009 pour 36 546 en octobre 2008. La tendance annuelle se redresse un peu après le plongeon du mois de septembre :


Enfin, on l'a vu, le crédit à l'habitat repart également à la hausse.

Alors pause dans la baisse ou réel retournement de tendance ?

Je peux me tromper, mais pour moi les éléments pour une reprise solide ne sont pas réunis, bien au contraire. La hausse du chômage se poursuit à un rythme élevé, la crise financière commence a rattrapé les états (quasi-faillite de Dubai aujourd'hui), et la reprise marque déjà le pas (voir les indicateurs avancés de l'Insee).

Malgré tout, un argument haussier dans ce contexte déprimé pourrait-être la fuite des capitaux vers les actifs tangibles, dont l'immobilier, dans un contexte de dévalorisation de l'argent-papier.

Je reste cependant baissier sur l'immobilier pour l'instant, et je m'attend à un très mauvais quatrième trimestre. Wait and see ...
Par Fabien Pot - Publié dans : immobilier
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