Quatrième trimestre 2009 : une drôle de croissance

Publié le par Fabien Pot

La croissance de l'économie française accélère au quatrième trimestre, à +0.6% (je trouve même +0.7% à partir des chiffres de l'Insee). La croissance du troisième trimestre était de +0.2% (révisée de +0.3%).

En regardant la courbe du PIB seule, on pourrait penser que la crise est bien derrière nous :
PIBT4.PNG
La croissance a repris un rythme classique pour l'économie française, avec un une augmentation du PIB autour de +0.5% par trimestre :
PIBT4-var
Cependant, le tableau est loin d'être aussi rose qu'il n'y parait. Regardons maintenant la décomposition de la croissance, fournie par l'INSEE :

inseeT4On le voit, ça part un peu dans tous les sens.

D'abord, la consommation explose à la hausse. C'est la plus forte progression de ces dernières années. Ce chiffre est un peu dur à comprendre, et on a du mal à appréhender la réalité qu'il recouvre. En effet, en dehors des ventes d'autos, on a vu que les ventes de détails ne progressaient que de manière modérée, alors que le chiffre d'affaires reculait dans la restauration et l'hotellerie.  Serait-ce donc l'effet de la hausse des dépenses contraintes (électricité, eau, mutuelles, assurances ...) ?

A l'opposé, le commerce extérieur contribue de manière très négative à la croissance, comme je l'avais anticipé. La hausse des prix des matières premières en fin d'année, conjuguée à une consommation plus forte en France que chez beaucoup de ses voisins, ont largement creusé le déficit.

Ce qui est vraiment étonnant dans ces chiffres, c'est la très forte contribution de la variation des stocks à la croissance. Il semblerait que les entreprises, peut-être moins inquiètes pour l'avenir, aient massivement reconstitué leurs stocks, après le destockage tout aussi massif de la première moitié de l'année. Si la confiance se maintient, cet effet pourrait peut-être encore jouer un trimestre en faveur de la croissance.

Enfin, et c'est l'indicateur clé, l'investissement est encore négatif ce trimestre. C'est le septième trimestre consécutif de baisse de l'investissement :
InvestT4
On ne pourra parler de reprise durable que lorsque l'investissement repartira à la hausse.

Enfin, ce schémas montre que le chemin est encore long avant de retrouver le PIB d'avant crise :
PIBT4-varToMax.PNG
La croissance affichée à partir du deuxième trimestre 2009 parait tout sauf solide. Elle n'est tirée que par la consommation et le restockage, et non par l'augmentation de la production ou par l'investissement. C'est pour moi un simple sursaut de la bulle du crédit.
 
Pour finir, une comparaison internationale de la croissance en 2009, plutôt avantageuse pour la France (source : eurostat) :
T4-09Comparaison



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