PIB : +0,3% au troisième trimestre 2009

Publié le par Fabien Pot

Le PIB de la France au troisième trimestre 2009 s'inscrit en hausse de 0.3% par rapport au trimestre précédent.

Ci-dessous, un graphique des variations trimestrielles du PIB depuis 1980 :


Croissance du PIB ne signifie pas pour autant que ce dernier a retrouvé sa valeur d'avant la crise. Comme on le voit sur le graphique suivant, le chemin est encore long avant de rejoindre le niveau de PIB de début 2008 :


D'autant que l'INSEE ne cesse de corriger à la baisse (en toute discrétion) les chiffres des trimestres passés :


Ainsi le point bas du deuxième trimestre 2009 recule encore. Entre mars 2008 et juin 2009 le PIB regresse désormais de 3,8%.

La reprise est donc vraiment modeste pour l'instant. Voyons maintenant la décomposition du PIB :

  • La consommation contribue à nouveau positivement au PIB. La consommation  n'aura jamais vraiment décroché en France en 2008-2009, très certainement grâce à l'aide massive de l'état. A noter cependant que c'est la consommation des administrations publiques qui permet d'afficher un chiffre en hausse, car celle des ménages stagne.
  • L'effet stock, qui a largement contribué à faire plonger le PIB aux trimestres précédents, revient presqu'à 0. Il semble donc que le grand mouvement de destockage des excès de production passés touche à sa fin.
  • Le solde commercial contribue à nouveau très positivement à la croissance. Contrairement à l'idée simpliste qui voudrait qu'un euro fort nous soit nuisible, on s'aperçoit au contraire qu'il nous sert (je reviendrais plus en détail sur ce sujet dans un article futur). Cependant, il est peu probable que l'effet bénéfique de l'amélioration du commerce extérieur puisse jouer aussi fortement dans les trimestres à venir.
  • Enfin, et c'est le point le plus important, l'investissement rechute. Il ne peut pas y avoir de reprise sérieuse sans retour de l'investissement, qui est pour moi le réel indicateur de sortie de crise.

Ci-dessous, le graphique de la composante "Investissement" du PIB :

La croissance n'est donc pas très solide, d'autant qu'elle a toutes les chances d'être révisée en baisse dans les trimestres qui viennent. L'investissement ne repart pas, et si le gouvernement se décidait enfin à s'attaquer au problème des déficits, alors la consommation devrait baisser à son tour. Une rechute du PIB est donc possible, voir probable en 2010.

Pour finir, ce tableau compare l'évolution du PIB de quelques grands pays sur 1 an :


Publié dans PIB

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BA 16/11/2009 00:33


Fabien Pot écrit : " Enfin, et c'est le point le plus important, l'investissement rechute. Il ne peut pas y avoir de reprise sérieuse sans retour de l'investissement, qui est pour moi le réel
indicateur de sortie de crise. "

Nous sommes bien d'accord.

Mais les entreprises n'investiront que quand leurs carnets de commandes recommenceront à se remplir.

Or, ce n'est pas demain la veille.

Dans tous les pays occidentaux, les ménages sont fauchés et surendettés.

Dernier problème : les Etats distribuent des primes et des aides aux ménages pour qu'ils consomment. Du coup, les Etats sont eux-mêmes surendettés.

Conclusion : il existe deux bulles.

- La bulle de surendettement des ménages.

- La bulle de surendettement des Etats. Quand elle va éclater, ça va faire très mal.

Un article très intéressant :

http://www.europe2020.org/spip.php?article625&lang=fr


brehat 14/11/2009 18:43


Je n'avais pas lu l'article du 11/11. Il exlique mieux - et de manière plus documentée - l'effet endettement de l'état sur le PIB que je ne le décris moi même dans mon précédent commentaire.


Fabien Pot 14/11/2009 20:31


Il faut tout lire, tout est interessant dans mon blog !


brehat 14/11/2009 18:40


Bonjour,

Bravo pour cet article très synthétique et qui résume très bien la situation actuelle. De plus je découvre les révisions successives à la baisse des PIB de la France ... combien de temps encore va
t'on nous cacher toute cela sous le tapis ...la fuite en avant continue pourtant avec le grand emprunt de 35 Milliards ... venant s'ajouter à 114 Milliards de déficits prévus pour 2010 ... soyons
sur que sur l'année nous aurons donc 114 *1,1 (on ne tient jamais les budgets) + 35 = 160 Milliards d'euros de déficit, avec la chute du PIB, on ne sera pas loin des 10 % du PIB français 2010.

A noter que cette année si la chute du PIB est de 2,5 % seulement, grâce à notre déficit de 120 Milliard, très supérieur au 3 % habituel, nous aurions donc du en avoir pour 4 à 5 % de plus de chute
: 6,5 à 7,5 % en réalité.

Une véritable fuite en avant ... la rechute va fair très très mal car peu de gens ont compris qu'il s'agissait d'une crise vraiment grave et que malgré le sauvetage réussi pour l'instant des too
big to fail financières, elle allait durer de longues années.

Bonne soirée,

Bréhat


Fabien Pot 14/11/2009 20:47


Sur les révisions du PIB, l'Insee communique actuellement sur -1,5 et -1,4 pour le T4 2008 et le T1 2009.
Cependant, avec leurs propres données, j'obtiens -1,63% et -1,49%. J'avais bien 1,5% et -1,4% avec les données d'Août, c'est donc qu'ils n'ont pas mis à jour les % de variations pour ces trimestres
dans leurs tableaux !

Sur le T2 2009, ils communiquent toujours sur +0.3%. En fait on est à +0,249%, donc ils trichent sur l'arrondi.