Endettement de la France : +4 points de PIB par trimestre !

Publié le par Fabien Pot

La crise de 2008-2009 a eu pour effet d'accélerer la course à l'endettement dans laquelle nos concitoyens, chef d'entreprises, et gouvernants semblent s'être lancés.

 

Après avoir franchi à pleine vitesse la barre des 200% d'endettement par rapport au PIB au premier trimestre 2010 (réévaluée aujourd'hui à 202,95% par la Banque de France), on atteint allégrement les 206,75% au deuxième trimestre. Cela represente une progression de près de 4 points de PIB en un seul trimestre, soit environ 76 milliards d'euros.

 

Pendant 30 ans, de 1978 à 2008, la dette progresse sur un pente stable de 2,6 point de PIB par an. A partir de juin 2008, la progression passe à 16 points de PIB par an !

 

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Dans le détail, on s'aperçoit que la crise n'a eu aucun effet sur l'endettement des ménages. Le vrai point d'inflexion date de 2002-2003, lorsque les taux d'emprunts immobiliers sont passés pour la première fois sous les 4%. La progression de l'endettement des ménages est depuis lors autour de 2,2 points de PIB par an (environ 42 milliards d'euros).

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L'endettement des entreprises accélère également. On peut quand même évoquer une certaine stabilité, quand on voit que le niveau passe de 52.24 points de PIB à 65.45 point de PIB en 38 ans. Malgré tout, il faut quand même noter que la pente est passée à 3 points de PIB par an depuis le début de la crise.

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La dette hors de contrôle, c'est bien sûr celle de l'état. Depuis le début de la crise, on est passé de 65.7 à 85.6 points de PIB, soit une progression de 10 points de PIB par an, ou encore 190 milliards d'euros par an !

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Le mur de la dette se rapproche donc de plus en plus vite. Malheureusement, personne ne sait à quelle distance exacte il se trouve. Du coup, tous ferment les yeux et continuent de courir joyeusement, de plus en plus vite. Est-il seulement encore temps de s'arrêter ?

Publié dans crédits-dettes

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Bruno 02/11/2010 08:57


Dans quelques mois/années, il faudra rentrer dans le dur :
- diminution des traites de fonctionnaires,
- diminution des retraites (pour le moment, seuls les salariers trinquent; les retraités ne concèdent RIEN).
- augmentation massive des impots directs et indirects
- ...

Enfin bref, une sauce Anglaise, mais en pir parce que l'on s'y sera mis plus (trop ?) tard.


Athos10 23/10/2010 07:13


Bonjour,

Merci pour ces informations très intéressantes. Une question...

Selon vous, quelles sont les raisons de l'augmentation de la dette publique. Parmi ces raisons, pourriez vous nous fournir une évaluation des proportions de responsabilité.

En effet, mes propres études (modestes) ne me permettent pas d'expliquer le phénomène dans sont entier. Votre éclairage pourrait donc m'être égoïstement bien utile.

Chapeau pour le blog.

#maubertin on Twitter


j Gonsolin 22/10/2010 23:09


Les commentateurs, mis à part Attali et Baverez, font peu de prospective. Que va-t-il se passer dans les mois à venir ?
Sarkozy ne veut pas apparaître comme celui qui serrera la vis. Il laisse filer les déficits, n'a toujours pas bloqué les dépenses, augmente les prélèvements à la marge. La réforme des retraites qui
ne coûte rien, donne quelques gages aux marchés financiers. Mais pour l'essentiel, il se dit qu'avant 2012 la France pourra continuer à emprunter massivement à faible taux.
On se dirige donc vers un scénario à l'Italienne avec une dette qui se stabilisera autour de 100 à 110 % du PIB en 2012, à la limite du triple A.
Le prochain président devra donc couper dans les dépenses et augmenter encore plus les impôts, la dette étant au taquet. En 5 ans de Sarkozy la dette sera passée de 60% du PIB à 100 % et sans aucun
résultat positif.