Crédits au secteur privé en janvier 2010

Publié le par Fabien Pot

En janvier 2010, les entreprises ont continué a réduire leur endettement, à 768 milliards d'euros, contre 790 milliards un an plus tôt :
encours-entreprise-jan2010.PNG
La production de crédits nouveaux recule modestement, à 228 milliards d'euros en glissement annuel :
production-entreprises-jan2010.PNG
Contrairement à l'état et aux ménages, les entreprises privés semblent avoir tirer les leçons de la crise en utilisant le crédit avec une plus grande modération.
____________________________________________________________________________________________

En janvier 2010, les ménages ont continué d'accroître leur niveau d'endettement à 737 milliards d'euros, contre 710 milliards un an plus tôt (crédit à l'habitat uniquement) :
encours-habitat-jan2010.PNG
Comme on le voit sur le graphique précédent, le rythme de croissance de l'endettement augmente depuis quelques mois.

C'est à mettre sur le compte du rebond de la production de crédits, qui passe à 94 milliards d'euros en glissement annuel, soit un peu moins qu'en janvier 2009 (101 milliards), mais déjà beaucoup plus qu'au plus fort de la crise en août 2009 (81 milliards) :
production-habitat-jan2010.PNG
J'ai exposé des raisons possibles à ce rebond le mois dernier. On peut en chercher une autre en comparant le taux d'endettement des ménages dans plusieurs pays développés :
dettesMenages-comparaisonInter.PNG
Au milieu des années 90, le taux d'endettement  en % du PIB des ménages japonais, américains, anglais et allemands était à peu près le même (environ 65%). Par la suite, deux groupes distincts se sont formés, les japonais et les allemands d'un côté qui ont réduit légèrement leur endettement, et les américains et les anglais de l'autres qui ont fait grimper leur niveau d'endettement à 100%. Les pays du premier groupe ont connu une forte montée des prix de l'immobilier, tandis qu'ils ont baissés ou stagnés dans les pays du deuxième groupe.

Le cas de l'Espagne est également assez intéressant. C'est le pays ou la bulle immobilière a été la plus forte : cela correspond à une explosion du taux d'endettement des ménages, qui passe de 31% à 81% du PIB en 15 ans !

Là ou je veux en venir, c'est au cas de la France. Les français sont très peu endettés en 1995 (34,6% du PIB). c'est seulement à partir des années 2000 qu'ils commencent à recourir massivement au crédit. Le taux d'endettement monte alors à 49,7% (et même 51,8% au troisième trimestre 2009, d'après la Banque de France).

La progression est certe très forte, mais il y a encore de la marge. Pour atteindre le niveau des anglais ou des américains, il faudrait encore au moins 10 ans à ce rythme, et même encore quelques années pour atteindre le niveau des allemands et des japonais. On le voit, il y a une forte corrélation entre hausse de l'endettement des ménages et hausse des prix immobiliers (l'un entraînant l'autre). Il est donc possible (mais pas certain) que les prix immobiliers continuent de grimper dans les années qui viennent en France.

Publié dans crédits-dettes

Commenter cet article