baisse en trompe l'oeil du chômage en juin

Publié le par eco-france

Le chômage de catégorie A baisse de 18 600 personnes au mois de juin, d'après la DARES.

Je préfère travailler sur le nombre de chômeurs de catégorie A-B-C, qui aggrège aussi les demandeurs d'emploi ayant effectué une activité réduite dans le mois. La baisse se transforme en hausse de 9 200 personnes, largement en retrait par rapport aux mois précédents (+ 90 800 en avril et + 54 100 en mai).



En zoomant :



Au final, selon les chiffres du DARES, le nombre de chômeurs a augmenté de 154 100 au T2 2009, après +244 900 au T1 2009 et +134 400 au T4 2008.

Cette quasi-stabilité de l'emploi est très surprenante. En effet, même si l'intensité de la récession diminue, l'effet "retard" sur l'emploi devrait continuer de jouer ce mois ci.

En y regardant de plus près, que s'est-il passé en juin ?

Les entrées de nouveaux chômeurs diminuent de 479 900 à 470 200. Il y a donc 9 700 nouveaux chômeurs de moins en juin. Cela n'explique pas l'ampleur de la chute, il faut donc également que les sorties augmentent. C'est le cas, elles passent de 421 100 à 457 600, soit 36 500 anciens chômeurs qui quittent pôle-emploi.

La où ça devient "rigolo", c'est quand on rentre dans le détail des motifs de sortie. 93 600 de ces ex-chômeurs ont retouvé un emploi, soit 1 900 de moins que le mois précédent !

Où sont donc passé nos chômeurs ?

Réponse: C'est la catégorie "Cessations d'inscription pour défaut d'actualisation" qui flambe, passant de 172 600 à 205 900 en un mois.

Cette catégorie est un peu mystérieuse. On pourrait supposer qu'il s'agit de personnes ayant retrouvées un emploi mais ne l'ayant pas communiqué à Pôle-emploi. Mais dans ce cas, pourquoi cette catégorie varie-t-elle avec plus d'amplitude que la catégorie des chômeurs ayant retrouvés un emploi ? On pourrait supposer que la proportion reste à peu près constante.

Il faut donc mieux regarder les chiffres sur un trimestre, qui lissent ce genre d'effets étranges, et les chiffres de l'Insee, qui fournit l'indice trimestrielle du chômage au sens du BIT.

Malgré ces bizarreries statistiques, il apparait clairement que le second trimestre n'a pas été aussi meurtrier en terme de perte d'emplois que le premier.

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