Mercredi 11 novembre 2009
Le PIB de la France a progressé au deuxième trimestre, et tout indique que le chiffre qui sera publié vendredi sera également positif pour le troisième trimestre.

Cependant, il me semble que cette reprise à quelque chose d'artificielle, alors que les déficits publics explosent. La question que je me pose est donc la suivante : où en serait le PIB sans l'effet dopant des déficits ?

Au deuxième trimestre, le déficit de l'état a été de 30 milliards d'euros (source: Ministère du Budget). L'augmentation de la dette de l'ensemble des administrations publiques represente 54,4 milliards d'euros (source : BdF).  LE PIB de la France était alors de 480 milliards d'euros (source : INSEE).

Imaginons un instant que la France, à travers ses élus, s'interdise d'augmenter sa dette, et décide d'arrêter de vivre au-dessus de ses moyens pour ne plus hypothéquer l'avenir des générations futures.  La baisse du PIB serait alors théoriquement de ... 11,3% (54,4/480) !

Il s'agit bien sûr d'une hypothèse simplificatrice, mais qui à l'avantage de donner une idée de l'ampleur de l'impact des déficits sur le PIB. De son côté, l'état prévoit un déficit public représentant plus de 8% du PIB sur l'année 2009, ce qui est à peine mieux.

En comparaison, entre le T2 2008 et le T2 2009, le PIB de la France a baissé de 3,6% (de 415,5 à 400,2 milliards d'euros de 2000) ...

L'augmentation des déficits publics a probablement été nécessaire pour éviter que la crise soit bien pire que ce que nous avons connu. Une chute brutale du PIB de l'ordre de 10% aurait pu avoir des conséquences sociales dramatiques.

Mais il faut dès maintenant s'attaquer à réduire la voilure pour progressivement revenir à des dépenses qui correspondent à la réalité de l'économie française, et ce quitte à voir le PIB reculer à nouveau. C'est ce que demande l'UE, avec une réduction des déficits sous la barre des 3% dès 2013.

Ce n'est malheureusement pas ce que souhaite faire notre gouvernement, ce ne serait pas populaire(liste?)... Le risque est donc de voir notre dette augmenter rapidement, jusqu'au point de rupture.
Par Fabien Pot - Publié dans : PIB
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Mercredi 11 novembre 2009
D'un mois sur l'autre, la production industrielle recule de 1,5%, mettant fin à une série de 4 mois de hausse :


Méfiance : l'indice est fortement revisé dans les mois qui suivent sa publication. Ainsi, la baisse initiale du mois de juin 2009 s'était finalement transformée en hausse.

D'autre part, un mois ne fait pas une tendance, et il faudra attendre le prochain rapport de l'INSEE pour pouvoir conclure à un retournement à la baisse.

Celà etant dit, je ne pense pas que la production industrielle puisse encore beaucoup progresser dans les mois qui viennent.

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La chute du secteur de la construction marque le pas en septembre (+0.1%) :


Cela correspond a une reprise du crédit à l'habitat, et peut-être aussi à l'effet du plan de relance gouvernemental.

A mon avis, le secteur n'a pas touché le fond, et devrait retrouver tôt ou tard le niveau des années 97-98.
Par Fabien Pot - Publié dans : production industrielle
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Samedi 7 novembre 2009
Les ventes de détails progressent à nouveau en août en valeur :


Depuis le plus bas de février, le chiffre d'affaire dans le commerce de détail a augmenté de 2%. Il est cependant encore inférieur de 5,3% de son plus haut de septembre 2008.


L'effet de la baisse de la TVA sur la restauration a eu un effet radical :

Le chiffre d'affaire dans ce secteur à brusquement progressé de 9% à l'entrée en vigueur de cette mesure. La plus grande partie de la baisse de la TVA de 19,6% à 5,5% n'a donc pas été repercutée sur les prix, mais a grossi le chiffre d'affaire des restaurateurs. En cette période de déficit budgétaire monstre, fallait-il faire un cadeaux de plusieurs milliards d'euros à cette profession ? Poser la question, c'est déjà y répondre ...


Les ventes d'autos continuent de bien se porter en octobre :
Elles se situent au-dessus de leur tendance de long terme. Fallait-il mettre en place une mesure coûteuse (la prime à la casse) alors que les ventes n'ont jamais vraiment décroché ? Et surtout, faut-il la maintenir encore aujourd'hui, comme le souhaite le gouvernement ? A nouveau, la réponse me parait évidente.

Ces chiffres préfigurent une nouvelle hausse de la consommation des ménages au troisième trimestre, après celle du deuxième trimestre.
Par Fabien Pot - Publié dans : consommation
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Samedi 7 novembre 2009
En septembre, les exportations se redressent à 29,1 milliards d'euros (28,5 en août), tandis que les importations stagnent à 30,8 milliards d'euros (30,4 en août) :


Les exportations augmentent régulièrement depuis le point bas d'avril 2009, alors que les importations continuent de se réduire un peu. En conséquence, la balance commerciale s'améliore de mois en mois :


Au troisième trimestre, le déficit du commerce exterieur est donc de 4,6 milliards d'euros, contre 10 milliards d'euros au deuxième trimestre. Le commerce extérieur va donc contribuer à hauteur de 5,4 milliards à la croissance du PIB au T3.
Par Fabien Pot - Publié dans : commerce extérieur
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Samedi 7 novembre 2009
Le déficit du budget de l'état continue à se creuser à 117 milliards d'euros au mois de septembre :


NB: Je n'ai pas inclu le "solde des comptes spéciaux" (-31,5 milliards) dans le calcul. D'une part je ne suis pas bien sûr de comprendre de quoi il s'agit, et d'autre part ce solde semble toujours revenir autour de 0 en fin d'année (en tout cas jusqu'ici !). Si quelqu'un s'y connait en comptabilité publique, je serais heureux d'avoir plus d'informations là-dessus.

L'histoire est toujours la même, les recettes plongent, et les dépenses progressent :


Dans la partie recette, c'est toujours l'impôt sur les sociétés qui est le plus touché (-72%). L'impôt le plus important, la TVA, passe de 97.7 à 85.5 milliards d'euros (-12,5%). Enfin, l'impôt sur le revenu, qui avait plutôt bien tenu le coup jusqu'à l'été, décroche à son tour (-12,5%) avec les ajustements du troisième tiers.

Si les dépenses se tiennent plus ou moins, c'est surtout grâce à baisse de la charge de la dette de 31,1 à 24,1 milliards (-22%), grâce à la baisse des taux. Les dépenses de personnel restent également maîtrisées (-0,4%). Par contre, tous les autres postes explosent de +10% à +23% (fonctionnement, intervention, investissement ...).

D'autre part, l'état a revu ses prévisions de dette et de déficit :


La prévision de dette est revue en baisse en 2009, à 76,1% du PIB, grâce à l'effet de la baisse des taux et d'une récession moins forte qu'anticipée avant l'été. Par contre, l'état revoit sa prévision en hausse à horizon 2011 avec une dette à 87,6% du PIB (86% avant l'été), conséquence d'un déficit budgetaire en roue libre.


Les prévisions de déficits publiques sont revues en hausse, de -7,3% du PIB en 2009 avant l'été à -8,3% aujourd'hui, de -7,3% en 2010 à -8,2%, et de -6,3% en 2011 à -7,7%.

La reprise ne s'accompagne pour l'instant d'aucune amélioration des finances publiques, bien au contraire ...
Par Fabien Pot - Publié dans : budget de l'état
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